Livre des métaphores d’une lionne confinée.

Journal du confinement d’une lionne qui avait compris, il y a fort longtemps, qu’il lui fallait quitter sa nature, la nature de sa nature, puis la nature de la savane et qu’elle devait s’instruire au pays des mille glaces et des mille facéties. Mais que pour en ressortir il lui faudrait passer par un labyrinthe, puis chercher son fil d’Ariane afin d’en sortir, tout cela guidé par amour de ses petits.

Ceci est l’expérimentation de la lionne rencontrant toutes les espèces peuplant la terre et voulant bien se présenter à elle, les minéraux que foulèrent ses pas feutrés et qui reflètent les planètes et les étoiles, attirant ou repoussant sans fin l’océan de ses pensées du monde dans le flot continu de sa mémoire. Elle se buta sur les miroirs du temps longuement, reprenant sans cesse le chemin à l’envers, jusqu’à retrouver l’énergie de se sauver de ses anneaux et de reprendre son chemin à elle. Elle fit face à son horizon et y découvrit le phénomène des évènements et décida de changer de boussole.

Elle marcha sans trêve, le plus souvent, sous la douce voûte de la voie lactée, découvrant les végétaux qui l’envoûtèrent de leurs talents de peintre, d’architecture et de géométrie sacrée. Elle découvrit le pouvoir secret des parfums qui lui chatouillèrent le goût et l’odorat jusqu’à lui apprendre à se diriger, sans faute, vers la plus pure source de vie. Car après être entrée dans le pays des mille et un miroirs, elle souhaitait enfin se retrouver dans l’origine de sa nature. Là, où il n’y a plus besoin de miroirs.

Son goût l’amenait à devenir folle des couleurs, folle de ces nectars invisibles, de ces paysages insolites, de ses rugosités, de ses aspérités de ses motricités secrètes, de son alchimie. Elle devint abeille, puis colibri. Puis libellule, puis ceci et cela, cousant sans cesse, d’un battement d’aile à l’autre des allers- retours qui lui firent rencontrer la profondeur de son cœur qui faisait battre la vie autour d’elle. Elle s’en retrouva exaltée.
Le dos chargé de pollen et de nectar, elle s’en revint et alimenta tous les siens et tous les siens des siens, et ainsi de suite. Car telle était sa nourriture. Celle de la vie refleurie.

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